Février est souvent présenté comme le mois de l’amour. On parle de couples, de gestes romantiques, de moments partagés à deux. Et pourtant, une question demeure rarement explorée : quelle est la qualité de présence que nous apportons dans nos relations ?
Car au-delà des mots, des intentions ou même des sentiments, l’amour se vit avant tout dans la présence. Présence à l’autre, bien sûr. Mais surtout, présence à soi.
Beaucoup de relations ne souffrent pas d’un manque d’amour, mais d’un manque de présence réelle. Présence à ce qui se vit à l’intérieur, aux émotions qui émergent, aux réactions qui se déclenchent parfois malgré nous. Lorsque cette présence fait défaut, la relation devient inconsciemment un lieu où l’on cherche à être rassuré, réparé ou confirmé. Non par faiblesse, mais parce que certaines parts de nous n’ont jamais appris à se sentir pleinement accueillies.
Les relations intimes ont ce pouvoir singulier : elles révèlent. Elles mettent en lumière nos élans, mais aussi nos fragilités. Ce qui nous touche, nous blesse ou nous fait réagir chez l’autre est souvent le reflet d’un endroit en nous qui demande encore à être reconnu.
Ce n’est pas un échec.
C’est un appel.
Aimer ne signifie pas ne plus être touché ni traverser la relation sans inconfort. Aimer, c’est développer la capacité de rester présent à ce qui s’active en soi, plutôt que de demander à l’autre de porter ce qui nous appartient intérieurement. Avec le temps, on découvre que l’autre n’est pas là pour combler nos vides anciens, mais pour nous montrer où nous sommes encore appelés à nous rencontrer.
On parle beaucoup de connaissance de soi. Mais se connaître ne se limite pas à comprendre ses mécanismes ou à mettre des mots sur son histoire. Se connaître, c’est oser aller à la rencontre des parties de soi qui ont appris à s’effacer po ur être aimées, à se taire pour préserver le lien, et à se durcir pour éviter de souffrir.
Ce chemin intérieur n’est ni rapide ni linéaire. Il demande de la douceur, du courage et une forme de patience profonde. Non pas pour modifier ce que l’on est, mais pour transformer la manière dont on se tient en relation — d’abord envers soi-même, puis envers autrui. Lorsque ces parts de nous commencent à être reconnues et accueillies, quelque chose se transforme naturellement. La relation cesse d’être un espace de tension ou d’attente implicite, et devient peu à peu un lieu de rencontre plus libre.
Nous vivons dans une culture où l’on croit encore, souvent inconsciemment, qu’il faut « réussir » sa relation. Être un bon partenaire. Faire les bons choix. Éviter les conflits. Mais l’amour n’est pas une performance. C’est un espace de conscience.
Un espace où l’on apprend à habiter ce qui se vit, sans se fuir. Où l’on découvre que plus la relation à soi est stable et bienveillante, moins on demande à l’autre de porter ce qui n’a pas encore été intégré à l’intérieur. À cet endroit-là, l’amour change de nature. Il n’est plus un lieu de réparation, mais un espace de partage. Plus un terrain d’exigence, mais un espace de présence.
Peut-être que l’un des plus grands actes d’amour que l’on puisse poser — envers soi et envers l’autre — est précisément celui-ci : cesser de s’absenter de soi.
Être là, intérieurement. Avec ce qui est doux, et avec ce qui l’est moins. Sans chercher à se transformer pour correspondre, mais en laissant ce qui a longtemps été mis de côté retrouver sa place. Quand cette présence s’installe, même imparfaite, la relation se dépose. Elle respire autrement. Elle devient plus vraie.
Et peut-être est-ce là, finalement, que l’amour s’approfondit : non pas quand tout est parfait, mais quand l’on ose être pleinement présent à soi, en lien avec l’autre.
Au fil des années, à travers l’accompagnement, j’ai pu observer à quel point la qualité de présence à soi transforme les relations. Lorsque les personnes apprennent à se rencontrer intérieurement, à changer leur regard envers elles-mêmes, quelque chose s’apaise naturellement dans le lien à l’autre.
En modifiant notre perception intérieure, notre manière d’être en relation se transforme elle aussi. Et parfois, sans que l’on force quoi que ce soit, c’est toute la dynamique relationnelle qui change.
Julie (Vièla) England
Hypnothérapeute, accompagnante mieux-être et catalysatrice de percées intérieures
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